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In Memoriam: Hildegard Behrens

Hildegard Behrens, soprano dramatique allemande
LE MONDE | 22.08.09 | 14h20 • Mis à jour le 22.08.09 | 14h20

La soprano allemande Hildegard Behrens est morte d'une rupture d'anévrisme, le 18 août à Tokyo, au Japon, alors qu'elle venait d'être rapatriée de Kusatsu, une station thermale d'altitude, où elle se trouvait pour une classe de maître et un récital. Elle avait 72 ans.

Si Hildegard Behrens chantait toujours à cet âge avancé, c'est peut-être parce que la soprano, connue pour ses incarnations de rôles lourds du répertoire lyrique, avait seulement commencé l'étude du chant à 26 ans, un âge auquel beaucoup de ses consoeurs sont déjà dans la carrière.

Née le 9 février 1937 à Varel, près de Hambourg, Hildegard Behrens ne songe pas à des études musicales en dépit du goût pour la musique de ses parents, tous deux médecins, et de l'apprentissage qu'elle fait du violon et du piano. Elle a pourtant une voix naturelle, mais elle se prononce pour des études de droit, et ce n'est qu'une fois celles-ci terminées qu'elle se décide à travailler le chant professionnellement.

Elle ne débute sur scène qu'en 1971, à l'âge de 34 ans, à Fribourg (Allemagne), dans le rôle de la comtesse des Noces de Figaro de Mozart. Six ans plus tard, Herbert von Karajan la remarque, alors qu'elle est en troupe à l'Opéra de Düsseldorf et l'engage au Festival de Salzbourg, dont il est le directeur, dans Salomé de Richard Strauss.

Ceux qui ont eu le loisir de l'entendre sur scène incarner quelques monstres à décibels comme Elektra, par exemple, qu'elle interpréta pour la première fois à l'Opéra de Paris, en 1987, peuvent se demander comment un tel calibre vocal pouvait se fondre dans la discipline du chant mozartien. Mais Hildegard Behrens, au début de sa carrière, n'avait pas cette voix qu'on lui a connue plus tard, affectée de sons gutturaux et d'un vibrato trémulant, défaut qui affecte trop souvent les voix abonnées aux rôles écrasants du répertoire, ou celles, comme Maria Callas, qui se consument d'intensité et d'engagement.

Hildegard Behrens voyait pourtant l'évolution de sa carrière comme étant d'une "logique remarquable" et avait déclaré, lors d'un entretien au New York Times, en 1983, rapporté par Anthony Tommasini dans l'édition du journal du 19 août : "C'est comme si je jouais le rôle dans ma tête avant même de l'incarner. Encore aujourd'hui, je peux réellement penser mentalement le rôle et mon gosier adopte alors de manière subconsciente toutes les positions correctes avant même d'avoir à le chanter."

Une partie de la critique et certains lyricomanes n'en pensaient pas moins qu'elle n'était pas destinée aux rôles écrasants et qu'elle n'était pas davantage une wagnérienne née, comme Kirsten Flagstad et Birgit Nilsson, deux autres fameuses interprètes de ce répertoire. Cela ne l'empêchera pas d'obtenir un triomphe, en 1983, en Brünnhilde, dans La Tétralogie, au Festival de Bayreuth, la Mecque des opéras de l'auteur de Tristan et Isolde, une partition qu'elle enregistra magnifiquement avec Leonard Bernstein pour Deutsche Grammophon.

Sa voix était d'une certaine manière inclassable. A propos de son interprétation d'Elektra au Festival de Salzbourg, Le Monde écrivait, le 19 août 1996 : "Hildegard Behrens est une Electre prodigieuse de fureur, de violence ; mais, si l'on ne peut dire qu'elle chante vraiment faux (à part le premier monologue où elle s'écarte parfois d'un demi-ton en deçà ou au-delà des notes), on ne peut pas non plus affirmer qu'elle chante juste, voix étrange depuis toujours mais ô combien prenante."

Mais ce qui faisait oublier ces défauts techniques, c'était son incroyable présence scénique, incandescente, presque magnétique, et aussi la beauté de cette femme svelte à la longue chevelure brune (maquillé, son visage, lorsqu'elle jouait, rappelait à l'occasion celui d'une Marlene Dietrich).

Nous ne l'avons entendue que deux fois sur scène : lors de cette Elektra de Strauss à l'Opéra de Paris, en 1987, et, plus récemment, au Festival de Salzbourg, dans l'opéra Cronaca del Luogo de Luciano Berio (Le Monde du 30 juillet 1999). A la fin d'Elektra, celle qui s'était entièrement donnée à ce rôle écrasant que peu peuvent "tenir", s'était odieusement fait huer par la salle. Car il n'est pas humain d'injurier un travail d'une telle générosité. Le Monde du 3 février 1987 relevait "la beauté intrinsèque de la voix, un timbre clair, une diction parfaite, jointe à une absolue justesse d'intonation, qui ajoutent une dimension supérieure au personnage complexe qu'elle incarne".

Ses disques et ses DVD rendent justice à son art, mais il est possible de consulter, sur le site www.Youtube.com, des extraits de ses apparitions sur scène, notamment, au Metropolitan Opera de New York, dont elle fut l'une des vedettes, entre 1976 et 1999, dans "Vissi d'Arte", extrait de Tosca de Puccini : on pourrait rêver chant plus souple et ductile, un vibrato plus contrôlé, mais, depuis Callas, on n'a pas souvent assisté à incarnation aussi engagée et aussi bouleversante. D'ailleurs, à la fin de l'air, le public du Met l'ovationne sans qu'aucune huée ne s'y mêle...

- Renaud Machart

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/08/19/la-soprano-allemande-hildegard-behrens-est-morte_1230004_3246.html




Mort d'Hildegard Behrens

La nouvelle est tombée froidement, hier matin: la grande soprano Hildegard Behrens est morte. A 72 ans, la cantatrice qui se faisait discrète depuis plusieurs années, invitée par le Festival de Kusatsu au Japon pour y donner un récital, a été admise dans un hôpital de Tokyo, dimanche dernier, à la suite d’un malaise. Elle a finalement succombé à une rupture d’anévrisme de l’aorte, le mardi 18 août. Voix radieuse, à la beauté frémissante, fragile et féminine tout en étant résistante, Hildegard Behrens accède à la gloire internationale grâce à Salomé, magnifiée par l’orchestre ensorcelant d’Herbert von Karajan, à Salzbourg en 1977 ; un enregistrement studio a su préserver cette rencontre (Emi). Strauss succède ainsi à Mozart, Puccini, Beethoven, ou Berg alternant rapidement avec Wagner abordé sur les plus grandes scènes, en compagnie des chefs les plus prestigieux. Senta, Elisabeth, voisinent avec Isolde, inoubliable de sensualité et de présence dramatique, puis Brünnhilde, déchirante et guerrière. L’Elektra de Strauss abordée pour la première fois en 1988 (live Philips), restera sans doute son incarnation la plus aboutie : ceux qui l’ont entendue dans ce rôle unique et dévorant à Montpellier en 1995 et à Paris en 1998 notamment, n’oublieront jamais l’immensité de cette interprète, littéralement habitée par cette musique incandescente, son corps désarticulé se rompant sur les derniers accords de la partition. Ces admirateurs se déplacèrent jusqu’à Toulouse en 2004 pour l’entendre une dernière fois dans le rôle de Kostelnicka (Jenufa) terrible et pourtant si humaine. Ses obsèques auront lieu à Vienne. (FL)

http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=1158&cntnt01returnid=34



opéra
27/08/2009 | 17:10 par Annie YANBEKIAN

Hommage à Hildegard Behrens

La soprano allemande, illustre wagnérienne, s'est éteinte le 18 août à Tokyo, à l'âge de 72 ans.

La chanteuse, qui se trouvait au Japon pour y donner un récital, a succombé à un anévrisme de l'aorte. Elle avait été hospitalisée deux jours plus tôt après un malaise.

Hildegard Behrens, grande spécialiste de Richard Wagner, avait incarné avec brio Brünnhilde dans le "Ring", Senta dans "Le Vaisseau fantôme" et Iseult dans "Tristan et Iseult".

La soprano, née le 9 février 1937 à Varel, près d'Oldenburg, dans le nord de l'Allemagne, s'était lancée dans le chant tardivement, à 26 ans. Auparavant, elle avait étudié le piano et le violon. Puis elle avait combiné les études de musique avec un cursus de droit à Fribourg, dans le sud-est de l'Allemagne.

Devenue chanteuse, Hildegard Behrens fit ses débuts en 1971, à l'âge de 34 ans, à Fribourg, dans le rôle de la Comtesse dans "Les Noces de Figaro" de Mozart. En 1976, elle se produisit pour la première fois aux Etats-Unis, au Metropolitan Opera de New York, dans le rôle de Giorgetta dans "Il Tabarro", première partie du fameux Triptyque de Puccini. Dotée d'une expressivité et d'un sens dramatique exacerbés, elle fut remarquée à la même époque par Herbert von Karajan alors qu'elle était en train de répéter "Wozzeck" d'Alban Berg. Le célèbre chef d'orchestre l'invita alors au festival de Pâques de Salzburg dont il était le directeur-fondateur. En 1977, la soprano s'y révéla au public par sa prestation dans l'opéra "Salomé" de Richard Strauss.

Par la suite, elle travailla sous la direction des plus grands chefs d'orchestre du XXe siècle, dont, à nouveau, Karajan, avec qui elle enregistra "Salomé", mais aussi Leonard Bernstein, avec qui elle immortalisa au disque "Tristan et Isolde" et la Tétralogie de Wagner. En 1983, elle triompha sur la scène de Bayreuth dans le rôle de Brünnhilde, dans la Tétralogie. En plus de 30 ans de carrière lyrique, elle collectionna les prix, les honneurs et les récompenses, notamment en Allemagne et en Autriche. En 1997, elle avait été désignée "Chanteuse de l'Année" par le magazine Die Opernwelt, spécialisé dans l'opéra, selon son site internet.

Peu après son arrivée le dimanche 16 août au Japon, Hildegard Behrens avait indiqué qu'elle "ne se sentait pas bien en raison d'une tension trop basse", avait relaté une porte-parole du festival où elle devait se produire le 20 août. "Elle a aussitôt été emmenée à l'hôpital en ambulance." Son fils, Philip Behrens, qui était également son manager et sa fille, Sara, sont arrivés peu après à Tokyo et se sont aussitôt rendus à l'hôpital où Hildegard Behrens est morte durant une opération.

Elle devait être incinérée à Tokyo le 20 août, et ses cendres amenées au festival auquel elle aurait dû participer le même jour. Un concert devait alors être donné en son honneur.

Voir aussi:
>> Son site officiel http://hildegardbehrens.com

http://culture.france2.fr/musique-classique/actu/Hommage-%C3%A0-Hildegard-Behrens-56804941.html




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HILDEGARD BEHRENS
supersoprano*

Saddened by her passing,
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(in English, German, Spanish, French, or Italian)

* ...a super soprano in almost every sense."
- New York Times
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"Jojohoe"
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"Wiegenlied"
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"Bien, mon fils!"
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Aria from Jenufa
- Behrens as the Kostelnicka


Aria from Cronaca del luogo
- Behrens as the Woman "R"


"Und ob die Wolke sie verhulle"
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"Ein Handwerk verstehst..."

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- from Wagner's Wesendonck Lieder


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ELEKTRA
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